La Muse au couteau
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Présentation
<p>Tiré de dix années d'oubli par Verlaine, rival posthume de Laforgue, salué par Tzara et Breton, Corbière n'est pas seulement le « poète maudit » ni « moderniste » qu’une certaine histoire littéraire a construit. Son œuvre, traversée par une puissance de dérision féroce, propose un recommencement du lyrisme à partir d’une esthétique polyphonique qui mêle dissonance antiromantique et consonance primitiviste. Son « ironie lyrique » (Bakhtine) perpétuelle ne peut plus être une quête de soi, mais une quête du vrai qui se fera aussi recueil de voix. Où l’on découvrira un « Maître-philosophe cynique » qui nous apprend à mourir de rire, qui « joue du couteau » contre une certaine tradition, romantique, contre le présent, parnassien, mais aussi <em>contre</em> la domination graphocentrique, et donc <em>pour</em> l’inscription du corps dans la langue : « Si ce n’est pas vrai – Que je crève ! ».</p>
Table des matières
Remerciements
Note liminaire
Introduction. Inclassable Corbière
Lire Les Amours jaunes « aujourd'hui » : l'historicité du comprendre
« La génération poétique de 1860 » : Corbière, « Parnasse » et « Parnassiculet »
Du « Bohémien » romantique à la « vie de bohème » selon Murger
« Romantisme déromantisé »
Chapitre 1. « Un monstre de livre »
Une genèse difficile à retracer
« Titre mystérieux » et « titre pétard » (Baudelaire) : le « jaune » polymorphe
« Le monde jaune » (Hugues Laroche)
Structure et dynamique du recueil : « Trop broché pour être relié » ?
Chapitre 2. La persona lyrique du « poète contumace »
La crise d'identité de la poésie lyrique : « ta lyre, outil ridicule »
La figuration de soi : « répéterai tous mes rôles »
La multiplication des voix et des adresses : lyrisme et polyphonie
Le monde « à l'envers » : poésie « carnavalesque » et « ironie lyrique » (Bakhtine)
Chapitre 3. Amour, mort et Armor
« Les déserts de l'amour » (Rimbaud)
L’amour des « parias » : entre Éros et Agapè
Amour et Armor ou l’Éros cosmique : « ta gorge houleuse »
« La Muse camarde »
Chapitre 4. Le pur et l’impur
L’ascèse poétique : « Maître-philosophe cynique »
La désarticulation des unités du poème : l’expressionisme des « atroces accords »
Le réalisme « dialogique » (Bakhtine) : la langue comme « arlequin-ragoût »
Le primitivisme du « Sublime Bête » ?Conclusion. L’exorcisme et la chanson
Anthologie critique
Bibliographie


