Morales langagières
Trouver ce livre chez des libraires en ligne ou en libre accès
Présentation
Bernard Gardin avait pour projet de « faire monter à l'horizon des recherches » en sciences du langage la composante éthique des pratiques langagières, aisément repérable dans tous les secteurs de la vie sociale. Il proposait que cette dimension peu étudiée en tant que telle soit mieux prise en compte, notamment dans les situations éducatives et d'enseignement. Ce thème, que l'actualité ne cesse de revivifier, nous permet de continuer le dialogue avec Bernard Gardin et de poursuivre son dernier projet scientifique. Nous lui devons le titre de cet ouvrage. La question des « morales langagières » a traversé toute l'oeuvre de notre collègue.
Elle a pris vers la fin de sa vie la forme d'un programme de recherche dont il aurait souhaité une réalisation collective. Louis Porcher ouvre le dialogue en traitant de frontières affectives et de frontières conceptuelles. L'organisation de l'ouvrage suit alors un fil conducteur souple qui va des textes les plus théoriques (Georges-Elia Sarfati, Martine Abdallah-Pretceille, Catherine Kerbrat-Orecchioni, Andrée Tabouret-Keller, François Gaudin) à des textes appliquant la notion de morales langagières à des domaines variés (Sophie Moirand et Rémi Porquier, Michel Arrivé, Claude Caitucoli, Jean-Baptiste Marcellesi, Régine Delamotte-Legrand, François Rastier). Frédéric François clôt l'ouvrage en dialoguant avec Bernard Gardin sur la question de l'engagement du chercheur et de l'objectivité. De ce débat Bernard Gardin n'est pas absent puisque quatre de ses écrits, répartis en fonction des thèmes abordés, entrent en résonance avec les autres contributions.
Table des matières
Régine Delamotte-Legrand et Claude Caitucoli – Avant-propos
Louis Porcher – Frontières affectives, frontières conceptuelles
Bernard Gardin – Pour une étude des morales langagières
Régine Delamotte-Legrand, entretien avec Bernard Gardin– Les morales langagières
Georges-Elia Sarfati – Problématique d'une théorie linguistique du sens commun et de la doxa
Martine Abdallah-Pretceille – « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà »
Catherine Kerbrat-Orecchioni – Éthique et éthos dans les pratiques langagières et les descriptions linguistiques
Bernard Gardin – La politesse verbale comme médiation. Statuts sociaux et/ou interpersonnels, mise en scène et inversion
Andrée Tabouret-Keller – Le cas du mensonge délibéré comme vérité politique. En retard d'un dialogue
François Gaudin – Retour à Sokal et Bricmont. De la terminologie sociale à l'éthique cognitive
Sophie Moirand et Rémy Porquier – De l'éthique de la nomination à l’éthique de l’interprétation : autour du mot « otage » et de quelques autres
Michel Arrivé – Provoquer, provocation, provo(cateur) : modeste essai d’analyse lexicale
Bernard Gardin – Le biendire : essai de circonscription
Claude Caitucoli – Écriture romanesque et morale langagière : le cas d’Ahmadou Kourouma
Jean-Baptiste Marcellesi – La polynomie et les morales langagières
Régine Delamotte-Legrand – Le conformisme de la parole enfantine comme sémantique de l’action : un problème de morale langagière
Bernard Gardin – Bernardo Gui est-il un collègue ? ou : les apports de l’inquisition à la connaissance de l’interaction d’enquête
François Rastier – Linguistique appliquée à la prévention du racisme
Frédéric François – Quelques remarques sur l’engagement du chercheur et l’« objectivité ». Essai de dialogue avec Bernard Gardin


