De code et de plomb
Au fil des remédiations des littératures à l'écran, passage d'une culture du papier à un nouveau paradigme numérique, on a parlé de « dématérialisation », on a aussi utilisé le terme « virtuel » (pour les mondes et les modes) comme synonyme d’immatériel, ou encore les termes « nuages » et « flux » pour décrire les environnements et dynamiques d’écriture contemporains selon un lexique développant toujours plus de liquidité (feuille de style en cascade, navigation, etc.). Or aujourd’hui, à la lumière des recherches issues autant des sciences de l’information et de la communication que des études des médias, et en écho aux préoccupations écologiques, il est évident que numérique et immatériel ne sont pas homologues. Pour autant avons-nous les mots pour désigner, décrire, connaître ce corps étrange des écrits d’écran qui bouleverse les sens et les certitudes ? L’ambition de la collection « De code et de plomb », au-delà de répondre à la question, est de proposer un lieu d’exploration des approches médiatiques, écraniques, techniques ou éditoriales de la culture numérique inscrite (qu’il s’agisse d’images, de sons, de signes ou de signaux). Ce projet d’énonciation du corps numérique ne concerne pas seulement les dispositifs techniques de l’écriture à l’écran : le dévoilement des conditions matérielles de l’écriture numérique coïncide avec la prise en compte des conditions concrètes d’émergence de la pensée (notamment les dynamiques de co-production et de collaboration effacées dans le produit final). Par sa communauté internationale la collection est également un espace de dialogue interdisciplinaire. L’outil du Pressoir (développé par la Chaire de recherche du Canada sur les écritures numériques) est au centre de la chaîne éditoriale pour produire différents formats de sortie (PDF, HTML, papier avec un mode d’impression à la demande) mais également pour laisser accessibles et ouverts les rouages éditoriaux de la production littéraire de la collection. ISSN en cours



