Joseph Roth
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Présentation
Le 30 janvier 1933, Joseph Roth quitte définitivement l'Allemagne, où il exerce la profession de journaliste et de romancier depuis une décennie : son opposition de la première heure au national-socialisme et sa clairvoyance politique lui dictent le choix de l'exil. Il devient ainsi l’un des tout premiers représentants de l’émigration intellectuelle antihitlérienne. Les études ici réunies, dues à des spécialistes européens de l’œuvre de Joseph Roth, offrent un panorama des années d’exil que l’écrivain autrichien passa dans la capitale française, où, brillant prosateur jusqu’à ses derniers jours (tant dans le journalisme que dans la narration), il mourut le 27 mai 1939, alcoolique et désespéré, mais irréductiblement lucide quant à la situation politique de l’Europe. Sont tout d’abord examinées les positions idéologiques de l’auteur (dans le champ politique comme religieux), qui permettent de donner des contours à sa vision de l’exil, puis sont décrits les réseaux de l’émigration intellectuelle germanophone au sein desquels évoluait Roth, ainsi que des modèles contrastifs (Döblin, Zweig), avant que ne soient abordées plusieurs œuvres majeures écrites dans le contexte des années de l’opposition au
IIIe Reich. Enfin, la question de la traduction et de la réception de ses œuvres en France est examinée à partir du cas emblématique de ses deux romans les plus connus, Job et La Marche de Radetzky. À travers, mais aussi par-delà le cas spécifique de Joseph Roth, le livre propose un regard sur l’émigration, le déracinement et l’esprit de résistance qui n’est pas sans résonances avec notre monde d’aujourd’hui.
Table des matières
Avant-propos
Introduction
Note liminaire
Partie I – Positions de l'écrivain en exil
Joseph Roth, voyageur sans Ithaque, par Marino Freschi
Joseph Roth ou la particularité juive à l'épreuve du mythe habsbourgeois, par Daniel Azuélos
Images de l’Ostjudentum, différences structurelles et fonctionnelles (H. W. Katz, Soma Morgenstern, Alexander Granach), par Frithjof Trapp
Heimat, Vaterland, Exil dans la correspondance et les écrits de Joseph Roth, par Jacqueline Bel
Joseph Roth et la politique de 1933 à 1939, par Heinz Lunzer
Partie II – Émigration et cosmopolitisme
Joseph Roth entre Paris et Amsterdam, par Madeleine Rietra
Le réseau social de Roth à la fin de son exil parisien et les cercles français et allemands autour de Thea Sternheim, par Victoria Lunzer-Talos
Alfred Döblin et Joseph Roth, attente active et résignation, par Giuseppe Bevilacqua
« […] ce qu’une petite embarcation perdue en pleine mer pourrait ressentir en croisant un paquebot ». Stefan Zweig et Joseph Roth, par Fritz Hackert
Stefan Zweig, écrivain et intellectuel ulysséen, par Arturo Larcati
Partie III – Récits, romans et essais de la période française
Prophéties de l’inquiétude. La dépossession comme facteur d’appartenance dans l’Antéchrist de Joseph Roth, par Ilse Josepha Lazaroms
Entre héroïsme et humanité : les Cent-Jours de Christian Dietrich Grabbe et de Joseph Roth, par Éric Chevrel
L’exil de Joseph Roth à Ostende et le Conte de la 1 002e nuit, par Petra Campe et Els Snick
L’anti-conte de Joseph Roth ? Le Conte de la 1 002e nuit ou l’implacable loi du rang, par Benoît Ellerbach
Entre pont et sacristie. Espaces de vie dans La légende du saint buveur, par Esther Steinmann
Partie IV – Traduction et médiation
Traduire « un écrivain qui a trop promis » : de Radetzkymarsch à La Marche de Radetzky, par Philippe Forget
Le sort d’un homme, le destin d’une traduction : le roman Hiob (Job) de Joseph Roth, par Erika Tunner
Retraduire Job pour le xxie siècle, par Alexis Tautou
Annexe
Les traductions des incipit de Hiob
Les auteurs et traducteurs


